Comment mesure-t-on le vent ?

Le vent, force naturelle tranquille ou destructrice, se mesure d’une manière particulière. Mais concrètement, comment le mesure-t-on ?

Le vent, une histoire de noeuds

Historiquement parlant, les marins laissaient traîner dans le sillage une corde lestée. Sur cette corde, des noeuds étaient espacés de manière régulière. Le temps d’un sablier, ce cordage restait dans l’eau. Une fois le sablier écoulé et la corde nouée remontée, les marins comptaient le nombre de noeuds qui avaient touché la surface de l’eau pour connaître leur vitesse. Et voilà, le noeud (knot) est né !

Par la suite, cette mesure fut codifiée autour du mille marin. Depuis, en navigation maritime et aérienne, la vitesse des appareils se mesure en noeud, soit 1,852km/h, l’équivalent d’un mille marin par heure. Cette expression de noeud pour mesurer la vitesse est restée, et a été appliquée à la vitesse des vents.

Et le km/h dans tout ça ?

De nos jours, en Europe, nous utilisons le kilogramme pour définir la masse d’un objet, le kilomètre pour mesure les grandes distances… et donc le kilomètre par heure (ou le mètre par seconde) pour mesurer les vitesses. Mais outre-Atlantique, nos confrères d’Amérique du Nord utilisent respectivement pour exactement les mêmes choses le pound et le mile. Leur système métrique et le nôtre ne sont pas identiques.

Pour se comprendre lors d’échanges et de communications, il a été décidé que les deux mesures seraient utilisées pour mesurer le vent : le noeud marin, historique, ainsi que le kilomètre par heure, plus compréhensible pour un public européen adapté à un autre système métrique.

Pour passer des km/h aux noeuds et inversement, rien de plus simple ! Il suffit de multiplier ou de diviser par deux. Pour être plus précis, l’opération est à réaliser avec 1,852 :

L'échelle de Beaufort, l'outil ultime

En 1805, le général britannique Francis Beaufort crée un outil permettant de mesurer l’intensité du vent grâce à une échelle tant métrique que visuelle. Divisée en 12 forces, cette échelle est encore utilisée de nos jours pour définir l’intensité et la potentielle dangerosité du vent.

Echelle de Beaufort

Quels sont les vents de chez nous ?

Notre région, la Camargue, est connue pour être traversée par différents types de vents, des plus froids aux plus chauds, des plus tempétueux aux plus doux. Mais ces vents, qui sont-ils vraiment ?

Le Mistral - Le Maître des vents

« Pendant ces coups de mistral, le soleil ne cesse pas de luire, le ciel reste constamment bleu. » Le Docteur Pascal, Émile Zola

Le Mistral est sans aucun doute un de nos vents les plus connus. Froid et sec, ses rafales peuvent dépasser sans difficulté les 100km/h. Venant du Nord-Ouest, il est réputé pour faire tomber drastiquement nos températures ressenties.

Le Mistral est un vent particulier : son activité est régie par le chiffre trois. Un Mistral ne soufflera qu’une journée… ou bien 3 jours, 6 jours, 9 jours, etc.

Le Mistral est particulièrement affectionné des windsurfers, qui peuvent alors profiter d’un plan d’eau plat, tout en ayant un vent fort, idéal pour réaliser des records de vitesse.

Le Tramontane - La Maîtresse des vents

« Sous les coups du mistral ou de la tramontane, la porte saute, les roseaux crient, et toutes ces secousses sont un bien petit écho du grand ébranlement de la nature autour de moi. » Lettres de mon moulin, Alphonse Daudet

Souvent confondue avec le Mistral, la Tramontane partage beaucoup de caractéristiques avec le Maître des Vents. C’est aussi un vent violent et froid, avec des rafales pouvant dépasser les 100km/h. Seule différence : la Tramontane ne souffle pas depuis le Nord-Ouest, mais depuis le Nord. Hé oui ! Quand on parle de vent du nord, on parle plus souvent de la Tramontane que du Mistral !

Le Grégou - Le Cousin du Nord

Le Grégou

Le Grégou (ou grégal, ou grec) est un vent soufflant depuis le Nord-Est. Froid et sec, il est souvent confondu avec le Mistral ou avec la Tramontane. Pourtant, c’est lui que l’on doit certaines gelées printanières.

Et plus encore ! S’il reste stationnaire au-dessus d’un plan d’eau, le Grégou se charge d’une humidité qu’il restituera sous forme de brouillard, de pluie ou même de neige.

Le Ponant - Le Doux Ami

« Éclair au levant, nues rouges au ponant, signes de grand vent. » Proverbe provençal

Le Ponant, en général peu violent, peut souffler toute l’année sur nos terres, même s’il préfère la douceur du printemps et de l’automne. Soufflant depuis l’Ouest, il est assez neutre : pas de grand froid ni de chaleur à prévoir !

Le Levant - L' Ami Humide

Le levant

Exact opposé du Ponant, le Levant, modéré à fort, souffle depuis l’Est. À la fois doux et humide, il a tendance à apporter le mauvais temps. Le ciel est très nuageux, voire pluvieux. Il n’est pas rare qu’il apporte des orages. Bien qu’il puisse souffler toute l’année, il est plus souvent présent sur la fin de l’automne, l’hiver ou encore le printemps.

Le Levant est particulièrement affectionné des kiters, qui peuvent alors pratiquer en toute sécurité : si jamais ils ont un problème, dans l’anse de Carteau (spot réputé pour le kitesurf), le vent les ramènera à terre.

Le Libeccio - Le Parent Caché

« Il n’y a guère que le libeccio, le vent d’ouest, pour s’aventurer encore jusqu’ici. » extrait d’un article de L’Express.

Qui a déjà entendu parler du Libeccio ? Très peu connu et pourtant bien présent, c’est un vent de Sud-Ouest, chaud et sec. Sur nos plans d’eaux, il apporte une houle faible… mais aussi des algues.

L'Esseiro et le Sirocco - Le Parent qui vient de loin

« Je sentais le sirocco de la jalousie me souffle en rafales dans la région du coeur. » Jean Rochefort

Le Sirocco, vent chaud, sec et chargé de sable du Sahara, est connu de tous, bien que rare. Lorsque le Sirocco passe par nos régions, les voitures fraîchement lavées sont bonnes à retourner se faire bichonner, tandis que le ciel se charge de nuage et colore l’atmosphère en jaune-orangé. Localement, le Sirocco entraîne une hausse des températures. Lui, souffle depuis de Sud-Est. Lorsque qu’un vent se lève au Sud-Est mais qu’il n’est pas chargé en sable du Sahara, on parle alors d’Esseiro. Il est, lui, chargé d’humidité.

Le Marin - le Vent de la Mer

Le Marin

Soufflant depuis le Sud, fort et régulier, il peut s’avérer pourtant violent. Le ciel chargé de nuages et de précipitation, ce vent très humide du printemps/automne est un calvaire pour le linge : rien ne sèche, l’atmosphère est lourde… Contrairement au Mistral ou à la Tramontane qui ne font que légèrement plisser les plans d’eau, le Marin, lui, les déchaîne. Vagues, algues, détritus venant du large… Le Marin ramène tout ce que la Méditerranée a gardé pour elle.

« Vous remplissiez ma vie, vous y souffliez de l’air chaud, du sirocco, de la tramontane, du mistral, du pampero. » Un homme à distance, Katherine Pancol