centrale osmotique port saint louis

La CNR mise sur l'énergie osmotique, grâce à une start-up bretonne

Source : https://www.actu-environnement.com/ae/news/cnr-eneergie-osmotique-Sweetch-Energy-39254.php4

crédit photo : https://www.actu-environnement.com

auteur : felix-gouty

La Compagnie nationale du Rhône s’allie à la start-up Sweetch Energy, pour lancer une centrale d’énergie osmotique d’ici à 2023. Elle profitera de la rencontre entre l’eau douce et l’eau salée dans le delta du Rhône pour produire de l’électricité.

Le nouveau défi de la Compagnie nationale du Rhône (CNR) ? L’énergie osmotique. La société, spécialisée dans l’énergie hydraulique et partagée entre Engie, l’État et des collectivités territoriales, a annoncé, le 14 février dernier, avoir signé le premier partenariat industriel français consacré à cette énergie. Son partenaire s’appelle Sweetch Energy, une start-up bretonne porteuse d’une « technologie de rupture » en la matière.

Une technologie qui change la donne ?

L’énergie osmotique consiste à produire de l’électricité grâce à la différence de salinité entre l’eau douce d’un fleuve et l’eau salée de la mer qu’il rejoint. Le principe réside dans l’exploitation du phénomène naturel d’osmose lorsque deux solutions aqueuses de concentrations différentes sont séparées par une membrane. La recherche d’un équilibre entre les deux entraîne un échange d’ions à travers la membrane, générateur d’électricité.

La technologie de Sweetch Energy, appelée Inod, optimise le rendement du phénomène en associant des électrodes à une membrane composée de nanofibres en matériaux biosourcés. L’ensemble permettrait une « haute sélectivité ionique et un important transport ionique, offrant des performances inégalées ». « Nos membranes sont vingt fois plus performantes que ce qui existait jusqu’à présent et de l’ordre de dix fois moins chères, affirme Nicolas Heuzé, P-DG de Sweetch Energy, dans une interview donnée à France bleu Armorique. Donc, en combinant ces facteurs, performances et prix, tout d’un coup, on arrive à rendre compétitive l’exploitation de l’énergie osmotique. »

Une première centrale opérationnelle fin 2023

La CNR compte capitaliser sur cette technologie pour produire une « électricité 100 % renouvelable et permanente » dans les Bouches-du-Rhône. Elle estime parvenir, à terme, à en produire 4 térawattheures (TWh) par an, « soit deux fois la consommation annuelle des habitants de la ville de Marseille ».

Dans un premier temps, la société hydraulique doit passer par une phase de modélisation et de tests techniques dans son Centre d’analyse comportementale des ouvrages hydrauliques (Cacoh). Elle doit également déterminer la meilleure localisation possible pour le site pilote, dans le delta du Rhône, près de Port-Saint-Louis-du-Rhône. Cette première centrale osmotique française devrait être opérationnelle à la fin de l’année 2023.

« Alors que les projections les plus optimistes prévoient que la part des énergies renouvelables actuelles ne dépassera pas 50 % de la production globale d’électricité mondiale en 2050, l’énergie osmotique pourrait faire passer cette part à plus de 65 % », avance Sweetch Energy. En 2010, des chercheurs de l’université des sciences appliquées de Düsseldorf estimaient le gisement théorique osmotique de tous les deltas et estuaires de la planète à environ 27 600 TWh/an.

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